11 févr. 2013

Et si l'essentiel était ailleurs? (1)

Parlant du pu'er, ma mère à toujours cette expression toute personnelle: "le thé qui sent l'étable"...

"Quoi? Comment? Encore une amatrice de thés parfumés certainement!" diront mes amis amateurs de pu'er. Oui effectivement, elle a tendance à préférer les thés parfumés, le matin, dans une grande théière.

Mais, malgré cette inclination dont une partie de sa progéniture n'a pas héritée, en quoi aurait-elle tort? Car pour avoir vécu toute son enfance en campagne bretonne, entre élevages bovins, champs de blé et fermes traditionnelles, il est tout à fait compréhensible qu'un pu'er, cru ou cuit et même de qualité, puisse lui évoquer cette image.

D'autres, plus "professionnels", plus "experts" ou plus "connaisseurs" diront que ce thé présente des arômes de cuir, de vieux bois, de cire, de paille mouillée ou sèche ou mieux, des notes animales, coumarinées, de sous-bois, etc...

Et au final, où est la différence? Qui a raison?

Là où l'un analyse et décortique le thé, un autre le boit et exprime son ressenti avec une idée simple issue d'une mémoire olfactive propre. Les uns chercheront une image exacte, absolue. D'autres exprimeront leur ressenti, en restant dans une parfaite relativité.

De ces deux approches, laquelle est la plus juste, la "meilleure", la plus vraie? 

Et si l'essentiel était ailleurs?... A suivre ici.
 
Illustration en haut à gauche : "Intérieur d'étable dans la Brie" par Amédée Elie Servin (Musée de Tessé, Le Mans)

9 commentaires:

Philippe de Bordeaux filipek a dit…

Bonnes questions !
Quand je décris un thé j'aime le présenter de manière objective dans un premier temps tel un sommelier du Thé ce à quoi j'aspire à moyen terme.J’exerce sans cesse mon palais mais pas seulement avec le thé; l'Eau, la gastronomie, le chocolat,le café,un cigare,une pomme... Je pense que ces descriptions "organo leptiques" quand on a un palais bien exercé aboutissent à une certaine objectivité et une justesse pour bien présenter un Thé. Malheureusement ces descriptions tel un chimiste manquent parfois un peu de charme et de poésie; à nous de le rendre le plus musicales possibles.Donner l'Eau, le thé à la bouche du lecteur: les photographies comme bon support aussi (Quel est ton boitier et ton optique j'aime le rendu de tes photos!)
Dans un 2ième temps et c'est compatible; il est important à mon sens d'y joindre une version plus subjective c'est la fin d'un blog perso ou l'on retranscrira quelque chose de plus profond, intime dans le ressenti, la perception du moment avec pour exemple les synesthésies : en comparant un thé à un tableau de Kandinsky; ou à un morceau de Jazz pour un Oolong bleu vert...Ce caractère beaucoup plus subjectif marquera la personnalité de l'auteur.
Les 2 sont possibles : je préfère les associer,les mettre en parallèle ; ce n'est pas toujours facile mais tellement plus intéressant pour ouvrir une place à la rêverie la contemplation en se laissant aller tendrement...De la profondeur & du relief.
Mes amitiés.

Fabien a dit…

Je me disais bien qu'avec les possibles commentaires des bloggeurs amateurs de ma connaissance je n'aurai peut-être pas besoin d'écrire "Et si l'essentiel était ailleurs" (2)...
:)

Merci Philippe, c'est un peu le sens de ce que je voulais développer dans la suite de ce billet. On est tous plus ou moins "analytiques" ou "rêveurs" dans notre façon de boire le thé. Et probablement même les deux à la fois, en balançant plus ou moins d'un côté ou de l'autre en fonction des jours, de l'humeur, des personnes avec qui on le partage, etc...

Mais bon, il faut qu'on en garde un peu pour le prochain épisode ;)
Ça fait bien plaisir en tout cas de t'avoir en commentateur ici, merci.

Fabien a dit…

Pour les photos, la plupart ont été faites par de talentueux amis photographes, Nico (http://www.nicolaspousset.fr/) et Christelle (http://chris-tellpix.com/website/), lors d'une soirée Thé à la maison, encore merci à eux. En plus chacun à une façon différente de traiter le sujet, c'est encore plus intéressant. Je leur demanderai les détails, ou ils passeront peut-être directement ici pour te répondre.
D'autres photos, sûrement moins réussies ont été réalisées par ton serviteur, avec le joli Nikon D3000 de celle qui subit mon addiction au jour le jour...
Objectif tout ce qu'il y a de plus basique (Nikkor 18-55).
Il va d'ailleurs falloir que je me penche sérieusement sur le sujet pour essayer de me hisser au niveau d'Addictea ou de la Voie du Thé en terme de qualité photo, c'est pour dire qu'il y a du boulot!

Christelle a dit…

Salut tout le monde,
Nous voilà, les p'tits photographes auteurs de quelques clichés ici présents, pour répondre à la question "matériel". Nous avons donc réalisé ces photos avec un Canon 5D mark II et l'objectif canon 24-70 L 2,8. On est dans une gamme professionnelle avec ce matériel, nous c'est ça notre passion ;). Contente de voir que les photos plaisent.

Je n'avais pas revu ton blog Fabien, il est bien beau et s'étoffe petit à petit, c'est un plaisir de te lire, on sent bien là la passion qui t'anime.

A très vite!

Olivier Schneider a dit…

Bonjour,

Et au final, où est la différence? Qui a raison?

Je ne sais pas vraiment si il y'en a un qui aurait tord et l'autre raison, et à vrai dire je pense pas même qu'il n' y ait une différence entre la manière dont ta mère ta mère juge le puerh avec celle de ces "connaisseurs"....

Chacun utilise ses sens pour mettre des mots sur ce qu'il ressent, souvent par analogie. Bien sur avec un palais plus ou moins aiguisé, entraîné, on saisit plus ou moins de subtilité, de nuances. Bien sur aussi avec l'habitude on se construit une plus grosse banque d'analogie, on ait plus à l'aise dans l'art de mettre un mot sur une sensations, on élargis son vocabulaire.

Mais dans le fond l'approche est exactement la même, mêtre un mot sur ce qu'on ressent, tenter de capter et de fixer la sensation futile que laisse le thé derrière lui, et c'est tout aussi "juste" de sentir dans un thé "l'étable", que le vieux bois, la cire, la paille mouillée ou ce que l'on veut.

Olivier

Nicolas a dit…

Bonjour Fabien,

Pour moi l'essentiel c'est : "des feuilles de thé et de l'eau chaude". La citation est connue.

Maintenant si je m'autorise à actualiser cette phrase cela donnerait : L'essentiel c'est des feuilles de thé qui me correspondent, une eau de qualité à la bonne température et un infuseur type zhong de porcelaine.

Ces conditions je les retrouve chaque fois que je suis en séjour à l'extérieur de chez moi, loin des mes ustensiles préférés et de mes habitudes.

Le reste, tout le reste n'est qu'une interprétation de l'intellect au regard de cet essentiel (là je m'avance dangereusement). Mais je pense que l'essentiel est quelque chose de simple et presque immuable dans son fondement même.

Nicolas (dans l'attente du deuxième volet)

Fabien a dit…

Bonjour Olivier et Nicolas,

Sympa de vous voir passer par ici tous les deux. Comme on le disait avec Philippe ci-dessus, toutes vos remarques vont dans le sens de ce que je pense développer dans la suite de ce billet, avec quelques éléments complémentaires, d'autres angles de vue (le discours commercial notamment) et encore, je l'espère, matière à discuter, partager et apprendre. Et c'est plutôt en accord avec toutes vos remarques d'ailleurs... mais bon, gardons-en un peu pour la suite :)
Au plaisir.

Tsubo Nicolas a dit…

Joli bateau à thé en pierre ! Base de colonne ? chapiteau ?

Fabien a dit…

Désolé Nicolas, je ne vois ton commentaire qu'aujourd'hui (???).

Pour le bateau, c'est plutôt une ancienne pierre à thé. On en trouve surtout dans les maisons et magasins de thé en Chine, et en général installées à demeure vu le poids conséquent de la bête. Celle-ci vient d'un très ancien magasin de thé de la province du Guangdong (environs de Guangzhou = Canton). C'est un antiquaire que je connais bien, spécialisé dans les arts asiatiques, qui l'avait ramené d'un de ses voyages.

Seul bémol, toute chute de porcelaine ou de théière sur le granit est rédhibitoire...

Ma liste de blogs / My blog list